RECETTES

Les véganes, les carnivores et les trolls ou pourquoi je suis végane.

Les véganes, on en entend parler tous les jours, sur internet, à la télé, à la radio. On se tape des vidéos horribles d’abattoirs, on voit des rassemblements bizarres dans la rue, pire encore, on a un ami qui vient de nous annoncer qu’il allait devenir végétarien. Mais qu’est ce qu’il se passe et pourquoi tout le monde ne peut pas s’occuper de son assiette et arrêter de s’occuper de celle des autres ?

Si on revient quelques années en arrière, je faisais partie de ces personnes qui n’avaient jamais réfléchi à ce qu’elles mangent. Mes habitudes alimentaires n’étaient pas du tout saines mais tant que je ne prenais pas de poids, c’était tout ce qui m’importait. Dans mon entourage, certaines personnes ne mangeaient pas de viande, je pensais que c’était parce qu’elles n’aimaient pas ça. Moi j’en mangeais un peu, au restaurant ou chez mes parents le dimanche, je disais que j’étais végétarienne à mi-temps, je trouvais ça cool et personne ne me posait plus de questions.
Et puis, plus les scandales alimentaires éclataient, comme la vache folle ou la grippe aviaire, moins j’en mangeais, je commençais à faire attention à la provenance de mon steak, ma seule exigence étant qu’il soit français.
Un jour ce n’est plus passé. Je suis allée au delà de sa nationalité, j’ai commencé à comprendre que « ce steak » était un morceau de corps, d’un être qui avait été vivant à un moment, et ça m’a dégouté.
À partir de là, je me suis rabattue sur le poisson. Et je me suis renseignée sur les végétariens, leur santé, leur quotidien. Après avoir compris que je n’étais absolument pas végétarienne, je me suis focalisée sur cette viande que je ne voulais plus manger, sans penser au reste. Le fameux déjeuner de famille est arrivé, j’ai annoncé à ma famille que je ne mangeais plus de viande. Les réactions ne se faisant pas attendre : « oh non, toi aussi !! Mais tu manges encore du poisson hein ? ».
Oui, oui ma vie n’avait pas tellement changé en fait, je pouvais aller au restaurant comme tout le monde et en plus personne ne me posait de question. Ça devait sûrement être par goût. Je n’aimais pas ça, c’est tout.

Apparemment pour moi c’était plus qu’une histoire de plaisir gustatif, parce que voir un poisson entier, sortant du barbecue, a commencé à me dégouter. Enlever la chair de l’arête, voir des vaisseaux sanguins, ses yeux explosés par la chaleur… ça ne me donnait plus du tout envie. Même chose pour le crabe ou les crevettes. J’ai même évité quelques déjeuners familiaux pour ne pas avoir à faire face à ce que je commençais à voir comme un cadavre.
Puis, j’ai entendu parler du véganisme, ce mode de vie me paraissait si extrême, arrêter de manger des œufs, du fromage et même du miel. C’était vraiment n’importe quoi … pour moi, si les vaches n’étaient pas traites, elles avaient mal, et je ne voyais pas ce qu’on pouvait leur faire de si mauvais aux poules et aux abeilles. De toute façon, c’était impossible pour moi d’arrêter le fromage. C’est vrai quoi, la vie est déjà dure, on va pas en plus arrêter de manger ce qu’on aime.
 
Depuis deux ans, je suis devenue végane. Parce que j’ai arrêté de me focaliser sur moi-même. J’ai compris que ce que je mangeais participait directement à la souffrance et à la mort d’un animal. C’était assez simple, j’aimais bien les animaux et je voulais juste qu’on arrête de les tuer pour de la viande, des œufs, ou même pour mon sacro-saint fromage.

J’ai passé des centaines d’heures sur Facebook, Twitter, à lire des articles sur les animaux, la souffrance, la maltraitance, l’environnement. À regarder des vidéos d’abattoirs, d’élevages d’animaux à fourrure, de discours, d’actions militantes, etc.Mais surtout je me suis habituée à toutes les réactions négatives que mon mode de vie entraînait. Tous ces « carnivores », ces « trolls » qui ne comprennent pas, qui tiennent trop à leurs habitudes, qui s’en contrefoutent des animaux parce qu’ils sont soi-disant moins intelligents qu’eux.

Ces véganes qui ont l’air de détenir la vérité absolue, en quoi ça les concerne ce que chacun met dans son assiette ?!
Tout simplement parce que ce ne sont pas des choses, mais des êtres qui ressentent, qui vivent pour eux, qui sont nés, ont vécu une vie de douleur, et sont morts pour finir dans votre estomac. Mais aussi, parce qu’à moins de penser comme le futur président des Etats-Unis, le réchauffement climatique est réel, et que l’élevage en est la première cause.
Alors, ce n’est pas parce qu’on est végane qu’on a la science infuse, mais c’est quand même pas si débile de vouloir foutre la paix aux animaux, et par la même occasion ne pas finir grillés comme des saucisses (véganes). Donc pour ceux qui se sentent coupable de manger un animal mort, arrêtez et changez, comme ça peut-être que le monde nous pétera pas au visage demain. Pour les autres, continuez de vous en moquer, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. 

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